Conseils d’éducation : gérer les craintes

Que faire si votre chiot ne veut plus avancer dans une rue bruyante ? Que faire s’il aboie sur les passants qui s’approchent de lui ? Comment l’habituer aux bruits de trains et de feux d’artifice ? 

Rares sont les chiots qui, du haut de leur 4 petites pattes, n’ont peur de rien ! Malheureusement, nous entendons encore beaucoup de conseils que je trouve peu adaptés à la sensibilité de nos boules de poils… Faisons le point !

Cette article concerne surtout les chiens de tempérament peureux, mais peut être utile à tous car la plupart des chiots font un jour face à des craintes.

Première chose que l’on peut entendre : « il faut l’habituer un maximum en se promenant dans des lieux super bruyants comme des gares ou des marchés ». Ce conseil peut être utile autant qu’il peut être contre-productif ! Si votre chiot est angoissé par le bruit et le mouvement, il faut y aller progressivement. Le jeter « dans la gueule du loup », c’est prendre le risque de le traumatiser, et de déclencher chez lui des réactions excessives (aboiements, agressivité, morsures) qu’il garderait à l’âge adulte. L’idéal, c’est de le promener d’abord en évitant la foule, au départ toujours au même endroit, puis au fur et à mesure qu’il grandit et prend confiance en lui, de diversifier les lieux et les personnes rencontrés. Bien entendu, si votre chiot est à l’aise, vous pouvez sauter des étapes ! Plus il verra de situations différentes et plus il deviendra à l’aise partout. C’est à vous de l’observer pour respecter son rythme.

Deuxième chose que l’on peut entendre : « s’il ne veut pas avancer, oblige-le, il doit comprendre qui est le chef ». De nouveau, cette méthode peut être catastrophique, en plus d’être, je trouve, particulièrement violente. Pourtant, un éducateur m’a parlé un jour de gens qui trainaient leur boxer de quelques mois à terre pour l’obliger à avancer… sous les conseils d’un autre « éducateur ». La priorité avec tous les chiots, surtout un chien timide, c’est de gagner sa confiance. Dans un environnement inconnu, sa famille est son seul point de repère, alors si même ce point de repère n’est pas fiable, le chiot ne trouvera pas le courage d’affronter ses peurs. Votre chien doit pouvoir compter sur vous, alors ne le forcer jamais, encore moins avec violence.

N’oubliez pas qu’un chiot est un bébé, il a le droit d’avoir peur car il est dans un milieu inconnu et intimidant ! Vous ne devez pas lui apprendre à foncer sur la source de sa peur, vous devez lui montrer qu’il a le droit de l’éviter. L’apprentissage de l’évitement est indispensable chez les chiens peureux, car elle permet au chien de s’éloigner d’une source de stress afin de reprendre confiance pour, pourquoi pas, l’affronter ensuite (s’il en a envie). Un chien terrifié qui n’a pas d’issue de secours peut devenir très agressif ! Il doit donc comprendre que peu importe ce qui l’effraie, il peut l’éviter pour se sentir en sécurité.

Pour cela c’est très simple, si vous voyez que votre chien a peur, par exemple d’un objet ou d’un groupe de personne, vous avez deux possibilités : si la peur est grande, éloignez-le de l’objet ou du groupe en question, puis lorsque votre chiot l’a dépassé, récompensez-le. Si vous voyez que votre chiot peut gérer, essayez le l’attirer un peu plus proche de la source de la peur, et récompenser le s’il s’en approche. Si jamais la source de la peur est une personne, demandez à la personne de ne pas s’approcher. Votre chiot ira vers elle s’il en a envie.

Troisième chose que l’on peut entendre : « il ne faut jamais prendre son chien à bras pour le rassurer, ça lui donnerait de mauvaise habitude ». Il est évident qu’il ne faut pas prendre son chien à bras à tout bout de champ. Cependant, en cas de grosse frayeur, il est tout à fait possible de prendre son chiot à bras, car c’est un lieu où il se sentira en sécurité et qui lui permettra de redescendre le niveau de stress. Savoir que vous êtes là pour le sécuriser est très rassurant pour votre chiot, et lui permet d’être plus courageux !

Pour résumer, si votre chiot est peureux, il ne le sera pas forcément toute sa vie et ne deviendra pas agressif en grandissant, pour peu que vous abordiez les choses à son rythme et en douceur ! Un peu d’empathie est indispensable pour une éducation respectueuse et cohérente.

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